blue skies from paintings

Parfois je mens

Publicado em Literature por Rodrigo em Agosto 16, 2008

« Mais tu sais, comme pour démentir d’un coup cette ébauche d’ascète espagnol, tes lèvres charnues te trahissent. En plus tes yeux brillent d’émotion. Tais-toi, je sais que tu détestes ce que je viens de dire, mais laisse-moi terminer. J’ai l’impression que les femmes doivent plutôt te trouver un beau garçon, même si tu es persuadé du contraire. Mais oui, et aussi ton expression, un mélange de pureté, mélancolie et de sensualité réprimée. Attends… Une anxiété dans tes yeux, sous ce front qui ressemble à un balcon en saillie. Je ne sais pas si c’est justement ça qui m’attire en toi. Je pense que c’est autre chose… L’esprit qui domine la chair, comme si tu étais toujours au garde-à-vous. En fait, attirer n’est peut-être pas le mot, mais tu m’étonnes, tu m’émerveilles ou tu m’irrites, je ne sais pas… Ton esprit domine ton corps comme un dictateur austère. Comme si Pie XII devait surveiller un bordel. Allons, ne te fâche pas, je sais bien que tu es un ange. D’ailleurs, comme je viens de te le dire, je ne sais pas si c’est ce que j’aime en toi ou ce que je déteste le plus.»